Nous vous avons parlé du film français sélectionné dans la compétition du festival du film de Karlovy Vary.
Autre film francophone, mais belge cette fois, celui de Manuel Poutte, au très beau titre Les tremblements lointains. Pour le représenter il est accompagné par deux des comédiens, Infos ...
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Hockey sur glace : le Slavia Prague champion ... Amélie Daure et Jean-François Stévenin. Rencontre avec le réalisateur et la jeune comédienne française,à qui Anna Kubista a demandé ce quâétaient ces tremblements lointains.
M.P. : « Les tremblements lointains, câest ces ondes qui nous traversent et quâon a tendance à oublier car on est toujours pris dans lâaction, les buts à court terme ou dans le futur. Câest donc tout ce qui vient du passé, comme un caillou quâon jette dans lâeau et dont les tremblements agissent encore sur nous, dont les ondes se répercutent sans quâon sâen rende compte. »
A.M. : « Câest difficile quand on est dedans dâavoir du recul sur ce quâon peut ressentir quand on entend ce titre et quâon voit le film après. Câest les tremblements intérieurs des gens, des secousses qui font quâon se demande comment vivre. Et les personnages ont tous un peu ça. »
Pour un peu expliquer, il y a ce personnage de Bandiougou et il pense quâil a été envoûté, quâon lui a jeté un sort...
M.P. : « Oui, câest un jeune Africain dâaujourdâhui qui est entre croire et ne pas croire. Câest sa difficulté, dâune part il aimerait renoncer à toutes ces traditions et cette manière de penser africaine car il rêve dâaller en Europe, comme 99% des Sénégalais. Mais il nây arrive pas, comme la plupart, et il est donc bloqué dans une sorte de schizophrénie entre la pensée traditionnelle et la pensée occidentale rationnelle. Et il croit être rattrapé par une sorte de malédiction. En fait, la malédiction ne vient pas forcément de lâendroit où il pense, il est victime dâune autre sorcière, une sorcière blanche... »
Câest le personnage joué par Amélie Daure, Amélie, pourriez-vous me parler de cette fille de médecin qui travaille dans un dispensaire en Afrique ?
A.M. : « Mon personnage sâappelle Marie, câest quelquâun qui a du mal à vivre, qui est en opposition à son père, à sa vie. Elle a un rapport à Bandiougou qui est assez secret et amoureux. »
Câest intéressant : lui oscille entre le croire et le pas croire. Et son personnage à elle, une blanche, croit beaucoup plus. On a lâimpression quâelle se laisse plus facilement happé par les croyances ?
M.P. : « Oui, câest la fille dâun médecin local, complètement sous lâemprise de son père. Et le père nâa plus quâelle : il est un peu perdu au milieu de lâAfrique. Elle essaye de sortir de cette emprise. Lui, câest plutôt un médecin traditionnel et rationnel occidental qui méprise toutes ces croyances qui sont pour lui source de trouble et dâescroquerie. Pour échapper à ce père dominant et emprisonnant, elle se jette dans cet autre monde que lui propose Bandiougou. Câest une question de vie ou de mort : câest pour exister et se libérer. »
Câétait le réalisateur belge Manuel Poutte et la comédienne Amélie Daure, dont le film Les tremblements lointains est en compétition à Karlovy Vary. Retrouvez toutes ces personnalités ainsi que les autres que vous entendrez cette semaine dans une prochaine rubrique culturelle sur Radio Prague.
(radio-Prague)
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