En pleine campagne électorale vers un 3e mandat, le premier ministre britannique doit faire face au désamour des électeurs dont beaucoup continuent à lui reprocher d'avoir menti sur les raisons de son engagement dans la guerre en Irak.
Hier à Bristol, une femm e lui lance:
"Nous ne serrerons pas la main d'un tueur!"
En face du camp travailliste, les conservateurs, bien-sûr, mais aussi les libéraux-démocrates, le seul grand parti britannique à s'être toujours opposé à l'intervention alliée en Irak. Leur chef de file, Charles Kennedy, entend exploiter au maximum la crise de confiance dont souffre Tony Blair à ce sujet.Charles Kennedy:
"Tony Blair dit que l'histoire sera son juge. Je pense qu'il a tort et que les Britanniques aujourd'hui et surtout dans une semaine seront ses juges."
Même argument de campagne chez les conservateurs, même si ils ont soutenu l'engagement britannique en Irak. Michael Howard, candidat conservateur:
"Finalement, voici un homme qui n'a pris position que sur un seul dossier en 8 ans de mandat, et même là dessus, il n'a pas dit la vérité."
Mais il en faut plus pour abattre Tony Blair, dont l'assurance et le charme s'ajoutent à ses qualités d'excellent orateur et de politi cien habile.
Démonstration:
"Que répondez-vous aux accusations de mensonge?"
"Pourquoi suis-je l'objet d'une attaque en règle telle que celle-ci, pourquoi? Parce que mes adversaires n'ont rien à dire sur l'économie, les services de santé, les écoles, ils n'ont rien à dire à propos de l'ordre public. Alors ils peuvent me traiter de ce qu'ils veulent, mais je pense que c'est sur ces sujets que les Britanniques vont se décider."
Depuis qu'il a chassé les conservateurs du pouvoir en 97, Tony Blair peut se targuer d'un bilan économique à la santé insolente. Et c'est sans état d'âme qu'il reprend à son compte les thèmes préférés des conservateurs, immigration, sécurité, éducation.
Un seul vrai défi pour lui, rester au pouvoir jusqu'en 2008, et battre ainsi le record de longévité de Margaret Thatcher.
(Euro News)
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