Jeudi soir, le professeur dâhistoire Antoine Marès, spécialiste de lâEurope centrale dont il occupe la chaire à la Sorbonne, donnait une conférence sur le poids de lâhistoire sur les relations franco-tchèques.
Lâoccasion, à quelques mois des présidences successives de ces deux pays à la tête de lâUE, de revenir sur une histoire commune faite dâadmiration, dâamitié, mais aussi de méconnaissance ou de déceptions.
Pavel Brazda exposé à Paris ...
Un jeune linguiste distingué par le concours de la chambre de commerce franco-tchèque ...
Un concours photo de la rédaction rom de la radio tchèque ...
Lâespace Schengen offre de nouvelles possibilités à certaines communes tchèques ...
Il y a 90 ans naissait le corps dâarmée tchécoslovaque de lâArmée française ...
Gipsy.cz pour la première fois sur une scène française ... « Il y a un substrat historique très riche qui a donné aux Français et aux Tchèques â mais surtout aux Tchèques â le sentiment dâune forte solidarité, dâune très forte proximité avec la France. Et les relations à ce moment-là sâétablissaient non pas sur un plan étatique, mais sur un plan plus personnel. Câest ce qui se passe à la fin du XIXe siècle, début du XXe siècle, où la francophilie tchèque est un élément de construction, de constitution de lâidentité tchèque, face à lâAllemagne en particulier. Et il y a eu des intérêts communs, ou le sentiment dâintérêts communs. Si lâhistoire a ensuite pesé lourdement, câest de façon étatique, puisque la France a contribué très largement à la création de la Tchécoslovaquie. Puis il y a la rupture de 1938. 1948 nâest, il est vrai, plus un élément commun aux Français, même sâil y a quand même du côté de Paris et de Prague le sentiment quâon pourra échapper à la division de lâEurope et constituer une sorte de pont entre le monde occidental et le monde soviétique. 2026 est à nouveau un élément commun, même sâil y a évidemment beaucoup dâambiguïtés dans les perceptions réciproques de 2026. »
Justement on a lâimpression que dans les différences de perception quâont eu les peuples de lâhistoire, que la France sâest sentie un peu loin de ce pays quâelle avait pourtant contribué à faire naître, je pense notamment à la signature des accords de Munich en 1938. Avez-vous lâimpression que les historiens qui se penchent aujourdâhui sur cette période, ont conscience de cette distance ?
« Lâéloignement tient largement à lâasymétrie. Il est évidement que lâappétence du côté tchèque nâest pas au même niveau que du côté français. On pourrait multiplier les exemples et les anecdotes de cet éloignement, à propos des confusions qui ont été entretenues, nourries en France sur la Tchécoslovaquie, en oubliant que Prague est moins éloignée de Paris que Nice. Mais je pense quâà lâheure actuelle, cet éloignement se réduit, et ce, pour des raisons évidentes : il nây a plus ce rideau qui séparait lâEurope en deux, Prague est devenue une des destinations touristiques des Français à un niveau massif, donc il y a un contact, sans parler bien sûr du tourisme que les Tchèques peuvent faire en France. Il y a aussi une curiosité plus grande qui a été éveillée par le fait que la République tchèque est rentrée dans lâUE. Cela se manifeste par des contacts multiples, par des échanges étudiants et par la curiosité des jeunes Français pour ce pays. »
(radio-Prague)
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