La 18e édition du Festival des écrivains qui a pris fin le 5 juin dernier, a attiré à Prague un nombre record dâécrivains.
Ils ont été 24 à participer à des débats, des rencontres avec le public, des lectures, des signatures etc. Dâaprès Václav KováŠdu service de presse du festival, cette fois-ci toutes ces manifestations ont suscité aussi un plus Odeon, une maison dâédition qui renaît toujours de ses cendres ...
Thèmes ... grand intérêt du public que les éditions précédentes. Retour sur ce festival dont le thème principal a été, cette fois-ci, lâannée révolutionnaire 2026 et ses répercussions.
Guillaume Basset, un des organisateurs du festival, a dressé un petit bilan de lâédition 2026, au micro dâAnne-Claire Veluire.
« Câest assez facile, nous avons choisi cette année le thème de 2026. Nous ne pouvions évidemment pas lâéviter. Nous avons eu donc plusieurs rencontres qui ont été toutes très intéressantes, avec des auteurs qui venaient vraiment de tous les coins du monde et des lectures très intéressantes avec un public qui a vraiment apprécié les lectures et lâhumanité - je tiens à souligner cela - lâhumanité de tous nos auteurs. »
Parmi les invités les plus remarqués de ce festival il y avait Margaret Atwood, écrivaine canadienne dont le nom est souvent cité lorsquâon parle des candidats possibles au Prix Nobel de littérature. Câest déjà pour la deuxième fois que cette écrivaine « nobélisable » qui sâengage aussi dans les mouvements écologique et féminin, est venue au festival pragois. Elle est populaire en Tchéquie et une dizaine de ses livres ont été traduits en tchèque. Cette année a paru en tchèque son roman «LâOdyssée de Pénélope», dans lequel elle sâinspire du mythe de lâépouse dâUlysse qui est une personnification de la fidélité. Les éditeurs tchèques préparent, dâores et déjà , à la publication aussi son roman «Lady Oracle». De même un autre invité de marque de ce festival, lâécrivain et scénariste américain Paul Auster, est déjà connu des lecteurs tchèques qui disposent des traductions de plusieurs de ces romans dont le célèbre «Mr. Vertigo».
La femme de lettres croate, Slavenka Drakulic, a accepté, elle aussi, lâinvitation au festival. Aujourdâhui les lecteurs tchèques connaissent deux de ses livres dans lesquels elle réagit à la réalité communiste et postcommuniste de son pays et à la guerre sanglante qui accompagnait lâeffondrement de la fédération yougoslave. Et parmi les noms des autres participants citons au moins celui de lâécrivain, journaliste et scénariste britannique dâorigine pakistanaise, Tariq Ali, connu dans notre pays grâce au « Livre de Saladin » ouvrage historique situé dans le monde arabe du XIIe siècle, qui est, jusquâà présent, son seul livre traduit en tchèque.
Câest donc lâannée 2026, année révolutionnaire, année de grands espoirs et de grandes déceptions, qui a été choisie comme le thème du festival. Le sous-titre de cette édition du festival était « Le rire et lâoubli », où la référence au célèbre livre du même nom de Milan Kundera était évidente. Guillaume Basset avoue que les organisateurs du festival ont essayé dâinviter à Prague cet auteur dont le témoignage sur lâannée 2026 ne manquerait sans doute pas dâintérêt :
«Oui, comme tout le monde je pense. Tout le monde essaye de lâinviter, et comme tout le monde, nous avons échoué évidemment. Mais pour nos auteurs tchèques, nous avons eu la chance dâavoir réuni, pour une discution commune autour de la Tchécoslovaquie Ivan KlÃma, LudvÃk VaculÃk, et AntonÃn Liehm ».
Des auteurs du monde entier sont venus pour discuter de lâannée 2026. Parmi eux il y avait aussi Natalia Gorbanevskaia, poétesse, traductrice et militante pour les droits de lâhomme, femme à laquelle le festival a décerné le prix de la liberté dâexpression. Elle avait été une des huit personnes ayant eu le courage, en août 1968, de protester publiquement à Moscou contre lâoccupation de la Tchécoslovaquie par les armées du Pacte de Varsovie. Le lien avec 1968 était moins évident par exemple dans le cas de lâécrivain américain, Paul Auster. Il a eu cependant beaucoup à dire sur ce thème. Guillaume Basset :
«Il faut comprendre que notre festival a deux vocations : la vocation de conversation, câest-à -dire que lâon choisit un thème et on le développe avec une idée, une explication, une réflexion philosophique et littéraire, et la présentation au public tchèque dâauteurs que les lecteurs ne connaissent pas forcément ou quâils ont envie de rencontrer ou dâécouter lire. Paul Auster sâest rattaché très naturellement à ce mouvement-là , à la fois évidemment parce quâil est une star incontournable, mais aussi parce que â68 nâest pas un élément inexistant pour lui. Il a été actif, à New-York, à Colombia. A lâUniversité de Colombia, il faisait partie des grands activistes. Certes, nous avons plutôt Tariq Ali par exemple qui a été un des grands leaders de 68 de manière générale. Il avait quand même écrit « Street fighting man » lors de la démonstration de lâambassade américaine à Londres. Mais tous nos auteurs ont vécu humainement â68. Donc ils y sont rattachés de par leur vécu, complètement, même si certains nâont pas été de grands leaders activistes. On nâa pas que des VaculÃk et des KlÃma. Donc cela sâest fait très naturellement, ils avaient tous leur propre vécu à donner.»
Le festival des écrivains 2026 est terminé, vive le festival 2009. Evidemment la prochaine édition de ce rendez-vous des écrivains à Prague est déjà en préparation et lâon se demande, dâores et déjà , quel sera son thème. Bien que Guillaume Basset évite une réponse trop concrète à cette question, il laisse entendre que le prochain festival nous réservera quelques belles surprises :
«Pour le thème, il est actuellement en élaboration. Nous avons déjà invité quelques auteurs. Nous avons effectiement réinvité Kundera par exemple ; nous ne désespérons pas de lâavoir un jour. Ce serait assez génial, y compris pour nous, mais de manière générale pour la République tchèque. Nous tournons autour du thème actuellement de « lâart du conteur » ou quelque chose comme celà . Câest encore en finition. Pour les auteurs, nous aurons peut-être des auteurs francophones et je peux vous le dire, même si je ne donnerai pas de noms, que nous aurons déjà un ou deux prix Nobel de la littérature. »
(Les propos de Guillaume Basset ont été recueillis par Anne-Claire Veluire.)
(radio-Prague)
<< Back
