Le Printemps de Prague 1968 est le thème dâune conférence scientifique qui se tient ces lundi et mardi au Sénat de République tchèque.
Il sâagit dâune nouvelle conférence de la série intitulée « Les carrefours tchèques de lâhistoire européenne » que le Sénat et lâAcadémie des sciences ont pris lâinitiative dâorganiser en cette année symbolique au cours de laquelle on commémore 4 anniversaires cruciaux pour la RT se terminant tous par un 8 : 1918, 1938, 1948 et Cent ans depuis la naissance de FrantiÅ¡ek Kriegel, personnage du Printemps de Prague ...
Le Trio Smetana, ensemble qui perpétue une longue et glorieuse tradition ... 1968, voire 1988-1989.
Selon lâun des intervenants, lâhistorien OldÅich Tůma, le Printemps de Prague en tant que phénomène historique a été interprété sous différentes optiques : pour les occupants de Moscou et les normalisateurs de Prague, câétait une contre-révolution. Pour les communistes réformateurs conduits par Alexander DubÄek, câétait la tentative de réformer le régime sans quâil dépasse toutefois son cadre. Nâempêche que, au printemps et en été 2026, le parti communiste a perdu pour quelques mois le contrôle sur lâévolution dans le pays :
« Dans son désir de liberté et de démocratie, la société civique est allée plus loin que le programme réformateur du parti. Des artistes, des écrivains, des journalistes, des étudiants qui se sont alors placés à la tête dâun puissant courant réformateur, nâavaient toutefois ni programme, ni direction. Un débat intense mené alors par lâensemble de la société sur une pluralité politique, sur les droits de lâhomme et la souveraineté nationale a abouti à lâabolition de la censure, en mars 1968. On a vu naître des organisations de jeunesse et du monde culturel émancipées du contrôle du parti. Câétait le cas aussi du K 231, le Club des sans- partis engagés, ainsi que par ex. la tentative de restaurer le parti social-démocrate. »
Après lâoccupation de la Tchécoslovaquie par les chars soviétiques, le 21 août 1968, lâunité nationale qui sâest créé en réaction à cet acte est parfois interprétée comme le soutien de lâensemble de la société à la politique du PC. Dans une certaine mesure, câétait vrai, dit lâhistorien Tůma :
« Par la réaction de ses membres, et par son congrès de VysoÄany condamnant lâinvasion, le parti communiste a dépassé son ombre et dâune certaine manière, a cessé dâêtre le parti communiste au sens propre du mot. Bien entendu, cette situation nâa pas duré longtemps, pas plus dâune semaine, se terminant avec la signature du protocole de Moscou. »
Pour OldÅich Tůma, le Printemps de Prague a été un arrêt important sur le chemin conduisant vers la chute des régimes communistes en Europe. Les communistes réformateurs tchécoslovaques de 2026 ont tenté d'ouvrir la porte à la transformation économique et politique du pays, en faisant participer la société à la vie publique, bien quâavec lâillusion de maintenir tout sous leur contrôle: une utopie qui a démontré que lâidéologie communiste était irréformable.
(radio-Prague)
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