Selon une loi récente, depuis septembre 2007, les frais de scolarité pour les Français vivant à lâétranger sont devenus gratuits.
Mais uniquement, pour lâinstant, aux élèves de Terminale et, courant 2008, aux élèves de Première. Derrière une évolution latente, une situation qui ne change pas assez vite pour les Français à lâétranger. Quâen est-il à Prague ?
Les seules conditions pour bénéficier de la loi de gratuité sont dâêtre Français et bien sûr Les carrefours tchèques de lâhistoire européenne ...
Partenariat entre un lycée alsacien et un lycée pragois ... résident dans le pays où la scolarisation doit avoir lieu. Si des informations sont demandées sur les revenus familiaux, ils sont confidentiels et ne doivent pas être justifiés par des documents officiels. Par ailleurs, les familles ayant déjà payé des frais de scolarité de Terminale seront intégralement remboursés.
Dâun côté, cette nouvelle loi augure des réels progrès et brise un tabou auquel aucun gouvernement ne sâétait encore attaqué. Câest comme sâil y avait un droit à deux vitesses, la gratuité de lâenseignement dans les écoles primaires étant tout de même, rappelons-le, un droit citoyen depuis 1881 en France ! Une évolution de la situation des Français de lâétranger est donc en cours.
Mais pour les parents dâélèves dont les enfants sont scolarisés pour des classes antérieures à la Terminale â et ils sont majoritaires â cela ressemble un peu à de la poudre aux yeux. La gratuité au reste des cycles, dans un ordre décroissant, devrait être lente et très progressive...
Coût de la scolarité au lycée français de Prague. Pour des Français, les prix à lâannée tels quâils apparaissent sur le site du lycée, vont de 111 500 Kc (4 600 euros) en maternelle à 183 000 Kc (7 500 euros) pour le second cycle du secondaire. A quoi il faut ajouter 11 500 Kc (480 euros) de frais dâinscription mais également les épreuves du Brevet et du Bac, payantes. Inutile de préciser que ce nâest pas pour tout le monde ! Ces prix sont moins élevés pour les Tchèques et plus élevés pour les étrangers non-francophones.
Vladan a 20 ans et il vit à Prague. Il a étudié au lycée français où il a passé son bac. Il nâest pas Français mais dâorigine bulgare et de nationalité canadienne. Pourtant son français est absolument sans accent, côté magique du lycée français.
« Le lycée français de Prague est rattaché à lâAcadémie de Strasbourg. Toutes nos vacances et tous nos examens ont lieu en même temps quâà Strasbourg, câest tout à fait similaire au système français. Câest tout simplement une formation française, il nây a aucune différence ».
Et cette formation, Vladan continue dâen profiter : « Le français me sert directement dans ma vie professionnelle puisque je travaille actuellement au sein du département français dans une multinationale allemande. Jây utilise le Français quotidiennement. »
Quand on aborde le thème du coût de la scolarité, le tableau est un peu moins rose : « Le coût de la scolarité représente le côté négatif du lycée. Câest un très bon lycée et le programme français offre de nombreux avantages mais câest cher pour certains étudiants. Lâannée revenait à 6 000 euros, ce qui est sans doute trop. Mes parents ont par exemple traversé une période difficile financièrement et ils nâarrivaient plus à payer le lycée. »
Heureusement pour Vladan, cela sâest ensuite arrangé. Parmi les Français, la plupart sont des enfants de parents expatriés, au sens strict du terme, câest-à -dire envoyés en République tchèque par leur entreprise. Les conditions financières sont-elles également durement ressenties par ces familles ?
« Je crois que 50 % des élèves du lycée français sont français, le reste étant, en gros, tchèque. De nombreuses familles tchèques inscrivent leur enfant au lycée français. Les parents expatriés ne se plaignaient pas du coût de la scolarité. En effet, les sociétés pour lesquels ils travaillaient prenaient ces frais à leur charge et il nây avait donc pas de problème de ce côté-là . »
Le prix nâest donc pas prohibitif pour tous mais il le reste pour certains et cela peut aussi concerner des Français qui ne sont pas liés à une entreprise en France mais qui auraient un emploi local ou une entreprise. Enfin, pour certains Tchèques, le prix de la scolarité au lycée français est trop élevé.
Et ce alors même que la formation qui y est dispensée constitue, pour certains, un sérieux atout professionnel. On peut évoquer ici MÃÅ¡a, qui a le même âge que Vladan et qui, comme lui, a été scolarisée au lycée français de Prague. Elle a su utiliser sa bonne connaissance des mentalités et de la langue françaises et est aujourdâhui chef de projet Junior à Saint-Gobain Prague, où elle travaille chaque jour avec un management français.
Nous donnons le mot de la fin à Vladan, pour savoir ce que, selon lui, le lycée français pouvait apporter en terme dâatouts personnels et professionnels ? « Câest un système assez polyvalent, qui pousse les étudiants à réfléchir. Câest pour cette raison que jâenvisagerais peut-être un jour dâaller étudier en France. »
« Je dirais que les systèmes dâenseignement tchèques et français ont chacun leur bon côté. En tout cas, aucun nâest plus facile ou difficile que lâautre. En France, une créativité un peu plus grande est peut-être offerte aux étudiants, un enrichissement personnel est également plus mis en avant. Au passage, jâai passé un bac littéraire et jâen garde un très bon souvenir. En un mot, le système français est plus axé sur la liberté dâesprit, ce qui me plaît. »
(radio-Prague)
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