Le président français, Nicolas Sarkozy, a effectué une courte visite en République tchèque lundi.
Une journée qui ne devait être initialement quâune formalité et servir à la France à présenter les priorités de sa présidence de lâUnion européenne avant que la République tchèque Informations les plus actuelles - 17-06-2008 ...
La scène politique tchèque face au «non» irlandais ...
Visite attendue de Nicolas Sarkozy à Prague lundi ...
Du swing à lâopéra ...
Le principal accord sur la base radar américaine en Tchéquie est prêt à être signé ... ne lui succède, le 1er janvier prochain. Mais suite au « non » irlandais quelques jours plus tôt, câest la poursuite de la ratification du Traité de Lisbonne qui a constitué le thème central de la visite de Nicolas Sarkozy. Et ce dâautant plus quâaprès lâIrlande, la République tchèque apparaît comme lâun des principaux pays européens où la ratification ne fait pas lâunanimité et pose problème.
« Sarkozy a insisté. Inutilement » ou encore « Lâeurodifférend Topolánek â Sarkozy ». Tels sont les titres qui barraient les premières pages des quotidiens pragois HospodáÅské noviny et Mladá Fronta Dnes, mardi, au lendemain du passage de Nicolas Sarkozy en République tchèque. A Prague, où il a rencontré le Premier ministre tchèque, Mirek Topolánek, mais aussi les chefs de gouvernement hongrois, polonais et slovaque, le président français espérait des Tchèques quâils lui donnent lâassurance quâils nâallaient pas causer de problèmes dans la ratification du traité simplifié européen. Mais trois jours après le résultat du référendum en Irlande, Nicolas Sarkozy sâest heurté au scepticisme local, même sâil a affirmé comprendre la position tchèque :
« Sâil y a un pays qui peut comprendre la Tchéquie, câest bien la France, qui a dit ânonâ en 2005. Ce que jâai compris, câest que nos amis tchèques ont besoin de temps pour discuter au sein de la majorité, et peut-être aussi avec leur opposition, de la meilleure solution pour eux. Et je crois quâil faut leur donner ce temps-là . Personne ne doit se sentir acculé de façon à ce que les positions ne se rigidifient pas. Câest ce que nous avons essayé de faire et je crois que nous sommes dâaccord là -dessus avec le Premier ministre tchèque. Ne nous précipitons pas, ne dramatisons pas et essayons de trouver le meilleur des chemins pour amener de lâunité dans la famille européenne. »
De son côté, Mirek Topolánek a réagi en affirmant que la question de la ratification nâétait pas encore à lâordre du jour en République tchèque. A Prague, beaucoup estiment dâailleurs quâen envoyant le texte du traité européen à lâexamen de la Cour constitutionnelle, le Parlement joue la montre en espérant que le processus de ratification se bloque entre-temps à lâéchelle européenne. Une version que nâa bien entendu pas confirmée Mirek Topolánek, qui était néanmoins soulagé de ne pas encore avoir à adopter une position définitive sur le sujet :
« Chez nous, la question nâest pas de savoir si nous voulons dire oui ou non. Chez nous, il sâagit dâune discussion afin de déterminer si avec le ânonâ irlandais, il est possible et légitime de poursuivre le processus de ratification. Heureusement, câest un problème que nous ne devons pas résoudre puisque, à lâheure actuelle, ce processus est suspendu à la décision de la Cour constitutionnelle, comme cela est également le cas en Allemagne. Dans dâautres pays, comme la Pologne, la ratification nâa pas encore été signée par le président. Câest pourquoi je pense quâil est inutile dâen faire un problème plus important quâil ne lâest en réalité et de parler de crise. Dâun autre côté, je suis dâaccord avec Nicolas Sarkozy pour dire que lâon ne peut pas minimiser ou simplifier la situation dans laquelle nous nous sommes retrouvés. »
Reste que si les Tchèques ne veulent rien précipiter, lâune des priorités de leu présidence lors du premier semestre 2009 sera néanmoins lâouverture de lâUE aux Balkans et une adhésion rapide de la Croatie. Mais pour cela, comme lâa malicieusement rappelé à Mirek Topolánek Nicolas Sarkozy, certaines conditions sont nécessaires :
« La Tchéquie est peut-être plus que dâautres pays favorable à lâélargissement de lâEurope aux Balkans. Câest même une préoccupation constante. Mais pour quâon sâouvre aux Balkans, et notamment à la Croatie, il faut le Traité de Lisbonne, câest comme ça. Sâil nây pas de Traité de Lisbonne, il nây a pas dâouverture. Câest un élément. Mais dâun autre côté, je sais parfaitement quâil y a en Tchéquie une forme dâeuroscepticisme que nous avons connu en France. Je vais donc discuter avec les Premiers ministres irlandais et tchèque, et nous allons essayer de voir à quelles conditions et comment nous pouvons arriver vers la ratification. On ne va pas remettre lâEurope pour dix ans de discussions institutionnelles. »
Et pour éviter à lâEurope de sâenfoncer dans une nouvelle crise institutionnelle, Nicolas Sarkozy a donc choisi de laisser du temps aux Tchèques tout en sâefforçant de les presser à se décider et à « bien » se décider. Mais pour lâinstant, les Tchèques ont surtout décidé de prendre leur temps.
(radio-Prague)
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