La famille traditionnelle change et la République tchèque ne fait pas exception.
Mais parce que dans ce pays post-communiste, le partage des rôles dans la famille nâest parfois pas une évidence, une association tchèque qui prône lâégalité des chances a décidé de lancer une campagne de sensibilisation.
« Lâhomme nouveau sait quâêtre père est aussi un métier, que le salaire nâa rien à voir avec le sexe, que sa femme nâest pas une servante, que les enfants Informations les plus actuelles - 31-05-2008 ...
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Nouvelle saison brutale pour le gardien de but Petr Äech ... ont besoin dâêtre changés et dorlotés. Pendant ce temps-là , sa femme peut étudier, faire du théâtre ou régler des problèmes administratifs... », tel est le type de message délivré par la campagne dâaffichage installée à lâintérieur de plusieurs lignes de tramways pragois.
« Ce nâest finalement pas un thème très fréquent, en tout cas, ce nâest pas habituel dâen parler, mais ça commence. Nous estimons quâil est important de soutenir la paternité, les pères actifs qui sâengagent dans la sphère familiale. Mais en même temps nous ne voulons pas faire de ces pères des héros. Ce ne sont pas des héros, ils ne font que ce que font les femmes tous les jours depuis toujours. »
Tomáš Pavlas est coordinateur du projet au sein de lâassociation initiatrice, il est lui-même un « homme nouveau ».
Un homme qui nâest pas là uniquement pour les bons côtés de la paternité : jouer avec les enfants, faire des randonnées le week-end quand il ne travaille pas. Dana Radová, directrice de lâassociation :
« La paternité a de nombreuses facettes et il ne faut pas en avoir honte ! Ici, il y a beaucoup dâhommes qui sâoccupent des enfants, au même titre que les femmes. Sauf que quand on sâest adressé à certains pour figurer dans la campagne, ils nâosaient pas, pour eux être père est une évidence, mais par exemple ils nâosent pas en parler au bureau... »
Paradoxalement, la législation tchèque favorise une paternité active. Les six mois de congé maternité sont suivis de la possibilité dâun congé parental, où les parents peuvent théoriquement même alterner tous les mois. Une souplesse que nâont même pas les pays scandinaves, relève Tomáš Pavlas. Mais rien dans la société tchèque nâincite, dâaprès les membres de lâassociation, à briser les stérérotypes : les médias entretiennent lâimage traditionnelle de la famille. Pire : les politiques eux-mêmes. Dana Radová :
« Notre Premier ministre, Mirek Topolánek, a dit dans son discours à lâoccasion du lancement de lâannée de lâégalité des chances, en 2007, que les femmes avaient les mêmes chances que les hommes si et seulement si elles nâavaient pas dâenfants. Un point de vue pour le moins âintéressantâ. »
Pourtant, la constitution de la Première république tchécoslovaque après 1918 contenait déjà le principe de lâégalité des chances, bien avant dâautres pays. Pour Tomáš Pavlas, les pays exemplaires en Europe aujourdâhui ne sont pas forcément ceux auxquels on sâattend :
« Ce nâest plus vrai que seule la Scandinavie est à la pointe. Il suffit de regarder en Allemagne mais aussi en Italie et en Espagne qui ont des formes intéressantes de soutien au congé parental des pères. A cet égard, lâEspagne est très en avance sur toutes ces questions dâégalité entre hommes et femmes. »
Et comme tiennent à le rappeler les membres de lâassociation, ces ânouveaux hommesâ, ce sont simplement des âhommes biens et honnêtesâ qui sont conscients des problèmes de discrimination et sây opposent. Si un des héritages du passé communiste est aussi le problème du manque cruel de crèches et de structures dâaccueil des enfants, Tomáš Pavlas et Dana Radová regrettent quâil faille tant dâassociations luttant avec si peu de moyens pour imposer des évidences.
(radio-Prague)
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